TAXER LES BOISSONS SUCRÉES
En lien avec les dossiers 2 (prix et marché), 3 (modèle offre-demande), et 4 (défaillances de marché).
Activité réalisée par Yvan Urunuela, enseignant en économie.
Pas d'utilisation commerciale / Partage dans les mêmes conditions.

Questions traitées en classe (à l'aide des notes de cours et des documents ci-dessous):
1. À l'aide du document 1, expliquez pourquoi la consommation de boissons sucrées est une externalité négative. Dans votre réponse, utilisez les termes coûts privés et coûts sociaux.
2. En prenant pour exemple le débat sur la consommation de boissons sucrées:
    a. expliquez en quoi le marché est défaillant dans cette situation;
    b. présentez le rôle de l'État dans une situation d'externalité négative.
3. On l'a dit souvent dans ce cours: les marchés sont liés, interdépendants. Quels marchés sont-ils touchés par l'instauration d'une taxe sur les boissons sucrées?

Document 1


Source: "L’efficacité d’une taxe sur les boissons sucrées", Radio-Canada, date inconnue  .

Document 2
Extraits d'une dépêche de TVA nouvelles.

Depuis le 1er janvier 2017, Philadelphie impose une taxe de 1,5 cent par once liquide, soit environ 50 cents par litre, sur toutes les boissons sucrées ou «light». Les magasins ont répercuté la taxe totalement ou en partie; par conséquent, à Philadelphie, la bouteille moyenne a augmenté de 24 cents dans les supermarchés, et de plus de 50 cents dans les supérettes.
Entre 2016 et 2017, les ventes moyennes ont chuté de moitié en volume, selon cette étude menée sur la base de données de caisses, et publiée mardi dans le Journal de l'académie américaine de médecine (Jama). Les consommateurs ont partiellement compensé en se rendant dans les magasins frontaliers de Philadelphie, où les ventes ont augmenté. En prenant cet effet en compte, la baisse des ventes est estimée à 38% d'une année sur l'autre.
Pour s'assurer que la baisse est bien due à la taxe, les chercheurs ont comparé Philadelphie à Baltimore, sans taxe spéciale: là-bas, les ventes sont restées stables. Les chiffres confirment une des bases de la théorie économique: si le prix d'un produit augmente, les gens en achètent moins.(...)
[Selon] Christina Roberto, professeure de politique de santé à l'université de Pennsylvanie, «taxer les boissons sucrées est l'une des stratégies les plus efficaces pour réduire la consommation. Cette politique de santé publique est selon moi une évidence», dit-elle à l'AFP. C'est surtout dans les grandes surfaces que la baisse s'est concentrée, parmi les grandes bouteilles «familiales» et les packs - peut-être en partie parce que des affichettes d'information sur la taxe l'ont rendue plus «visible» pour le client.
La forte baisse s'explique aussi sans doute par la pauvreté relative de Philadelphie. Les familles plus modestes, plus grandes consommatrices de sodas sont plus sensibles aux prix. Les pédiatres militent activement pour ces taxes afin de lutter contre la forte obésité chez les enfants, sans compter les caries ou le diabète.


Source: Tva nouvelles, "La taxe sur les boissons gazeuses fait chuter les ventes", 14 mai 2019  .

Modifié le: lundi 17 février 2020, 11:24